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Sa carte bancaire utilisée pendant sa garde à vue


Sa garde à vue lui a peut-être coûté plus cher que prévu. Un homme d’affaires de Neuilly (Hauts-de-Seine), qui avait été arrêté par la police pour conduite en état d’ivresse, a découvert par la suite des mouvements suspects sur son compte. Selon lui, ils correspondent à des achats effectués avec sa carte bancaire qu’il avait remise aux policiers durant sa garde à vue. Soupçonnant les fonctionnaires d’être à l’origine de ces dépenses, le conducteur a porté plainte mardi devant le parquet de Nanterre pour escroquerie par personne dépositaire de l’autorité publique.

Une dizaine d’achats, notamment sur des sites de jeux

Le 11 juillet, David, 30 ans, est arrêté à bord de sa voiture de luxe à 5 heures du matin. Son alcoolémie — 0,42 mg par litre d’air expiré — lui vaut un placement en garde à vue au commissariat de Neuilly. « Comme le veut la procédure, il a remis différents objets personnels, parmi lesquels sa carte bleue », raconte Me Jean-Baptiste Iosca, son avocat. A 18h15, sa fiancée est convoquée pour récupérer le contenu de la fouille, restitution qui fait l’objet d’un procès-verbal où la remise de la carte et son numéro sont mentionnés. David, lui, sera finalement relâché quarante-cinq minutes plus tard, avec une convocation devant le tribunal correctionnel.

Lorsqu’il consulte ses comptes bancaires, quelques jours plus tard, surprise : des paiements ont été effectués sur Internet avec cette même carte durant la garde à vue. Selon les relevés que nous avons pu consulter, un premier achat est effectué à 8h27 sur le site de la Française des jeux. Dix autres suivront — sur des sites aussi divers que Facebook ou le PMU — tout au long de la journée, et jusqu’au 13 juillet, date du dernier achat fantôme. Le conducteur, qui détecte les paiements suspects le 18 juillet sur ses comptes en ligne, fait immédiatement opposition.

Ces étranges opérations ont-elles un lien avec le commissariat? L’homme d’affaires a-t-il été victime d’escrocs qui avaient préalablement piraté son numéro de carte? « C’est à l’enquête de le déterminer, indique Me Iosca. Aucun de ces achats suspects n’apparaît avant la garde à vue de mon client. Le fait qu’au moment de le relâcher, on remette la carte à sa fiancée plutôt qu’à lui est aussi très inhabituel. » Contacté hier soir, la préfecture de police, qui n’avait pas eu vent de l’affaire, n’était pas en mesure de la commenter.

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