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La fiabilité des éthylotests mise en cause


journaliste Raphael DOMENACH

POUR PRÉVENIR les risques d'accidents liés à l'abus d'alcool, en cette période de fêtes, le spot de la sécurité routière tourne en boucle sur nos écrans télévisés : « Soufflez, vous saurez ! » Et si Michel Drucker - star de ces messages - le dit à la télé, ça doit être vrai. Signe du succès que rencontre cette opération gouvernementale, lancée fin novembre par la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, de nombreuses pharmacies sont aujourd'hui en rupture de stocks. « Si le dispositif avait vu le jour l'an dernier, 1 271 vies auraient pu être sauvées en 2006 », assure la Sécurité routière. Oui mais voilà, une décision judiciaire met en cause la fiabilité de ces éthylotests.

Le 26 octobre, le tribunal de grande instance de Lure (Haute-Saône) a relaxé Christian T. qui était « bourré au volant », selon ses propres dires. Le taux d'alcool de ce récidiviste atteignait pourtant 1,4 gr d'alcool dans le sang. Aberrant mais vrai. En cause : la fiabilité des éthylotests (ballons indiquant si on est au-dessus du seuil de 0,5 g d'alcool dans le sang) et des éthylomètres (appareils utilisés par les forces de l'ordre pour indiquer précisément l'alcoolémie). Sur la notice de fabrication de ces derniers, il est clairement stipulé : « Après avoir absorbé un produit ou fumé, attendre trente minutes avant de souffler dans l'appareil. » Autre mise en garde sur tous les éthylotests : « Ne fumez pas, le contraste de la réaction peut en être affecté. »

« On peut apparaître positif sans l'être et vice versa »

Avocat parisien expert du Code de la route, Jean-Baptiste Iosca s'est engouffré dans la faille. « Dans la pratique, les policiers n'attendent jamais une demi-heure avant de nous faire souffler dans le ballon », savoure Me Iosca. Dans le cas de M. T, ils ont attendu vingt minutes. De quoi juger le contrôle « pas fiable », selon l'arrêt du TGI de Lure. Questionnée sur le sujet, la Sécurité routière conseille d'attendre... dix minutes avant d'utiliser un éthylotest après avoir mangé ou fumé. « Les éthylotests sont défaillants, poursuit M e Iosca. La cigarette vicie le test. On peut apparaître positif sans l'être et vice versa. »

Pis, devant nous, il se rince la bouche avec un verre de whisky, qu'il recrache intégralement. Il souffle profondément dans le ballon qui le déclare... positif sans qu'il n'ait avalé la moindre goutte d'alcool. « J'ai fait relaxer deux oenologues de la sorte. Ils gouttaient les vins sans les boire et étaient déclarés positifs », souligne l'intéressé. Conclusion : seule une prise de sang permet à tous d'être sûr à 100 % de son taux d'alcool, mais elle n'est obligatoire qu'en cas d'accident corporel, de refus d'obtempérer ou de contestation. De quoi remettre au goût du jour le bon vieux slogan : « Un verre ça va, deux verres bonjour les dégâts... ».

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