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Drogue : les tests salivaires ne sont pas fiables


La marge d'erreur des dépistage oscille entre 10% et 11% selon les pays.

Trois études menées en France, en Belgique et en Allemagne et un même verdict: les tests salivaires permettant de détecter chez les automobilistes la consommation de stupéfiants ne sont pas fiables. La marge d'erreur oscille selon les pays entre 10% et 11%, comme s'en inquiète l'Académie nationale de pharmacie.

À l'origine de l'étude menée en France, le Dr Patrick Mura, du service de toxicologie au CHU de Poitiers, a passé au crible 740 tests. «Je n'ai analysé que les cas où les tests salivaires positifs ont été contredits par les analyses de prise de sang», dit-il. Comme le veut la loi, le premier résultat par la salive indiquant la présence de drogue doit toujours être validé par des examens sanguins. Selon les textes, les résultats définitifs doivent intervenir dans les 72 heures.

Pour Me Jean-Baptiste Iosca, qui a toujours dénoncé la fiabilité de ces tests utilisés en France depuis août 2008, ces erreurs constituent un grave problème. Tout d'abord, le contrevenant «positif» se voit privé sur-le-champ de son permis. «Ensuite, la personne qui doit se soumettre à une prise de sang est placée en garde à vue.» Un régime qui a donc été injustifié pour près de 2200 conducteurs l'an passé. En 2009, en effet, sur les 63.500 contrôles, 21.971 ont été positifs et donc 10% d'entre eux se seraient révélés faux.

Pas d'évaluation scientifique

Enfin, selon Me Iosca, les 72 heures sont rarement respectées. «Pour récupérer son permis, c'est le parcours du combattant. Des automobilistes ont mis plus d'un mois», s'insurge-t-il. Pour Patrick Mura, «ces tests, avant d'être utilisés par les forces de l'ordre, auraient dû être évalués scientifiquement».

Place Beauvau, on ne contredit pas les résultats de l'étude. Mais on minimise les conséquences de ces erreurs. «En général, les contrôles de stupéfiants interviennent à la suite d'une première infraction constatée et qui justifie à elle seule la rétention du permis», explique-t-on.

Patrick Mura s'est par ailleurs intéressé aux home tests urinaires, en vente sur Internet. Le expert met en garde leurs utilisateurs, de plus en plus nombreux. Parmi eux, des parents qui veulent vérifier si leurs enfants consomment ou non de la drogue. «Ces tests qui n'ont pas été évalués scientifiquement peuvent induire de fausses informations», s'alarme l'Académie nationale de pharmacie.

Angélique Négroni
Le figaro

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